Réparations faites, je rejoins Dakar le 23 décembre 2006 et j'y arrive de justesse pour Noël, atteignant ainsi dans les temps le premier objectif que je m'étais fixé.
Je me rend aussitôt chez la famille Faye dont Fabrice, qui m'avait donné leur contact, m'avait dit : Tu verras, ils sont très accueillants et très gentils ; ils sont ma famille de Dakar ; d'ailleurs j'appelle Eduarda "Maman".

Eduarda est mère de 7 enfants en plus de ceux qui l'appellent "Maman. C'est une femme extraordinaire, toujours affairée et toujours joyeuse en Dieu. Lorsque j'arrive, elle est en train de préparer des bûches de Noël et des gâteaux de baptême pour tout le quartier. La maison déborde de pièces montées et de crème. Elle s'arrête quelques minutes pour m'accueillir et, après m'avoir confié à Georges, repart à ses fourneaux en chantant des louanges. Pendant les 5 jours que je passerai à Dakar elle sera toujours ainsi : souriant, vivant, louant.
Je me rend aussitôt chez la famille Faye dont Fabrice, qui m'avait donné leur contact, m'avait dit : Tu verras, ils sont très accueillants et très gentils ; ils sont ma famille de Dakar ; d'ailleurs j'appelle Eduarda "Maman".
Eduarda est mère de 7 enfants en plus de ceux qui l'appellent "Maman. C'est une femme extraordinaire, toujours affairée et toujours joyeuse en Dieu. Lorsque j'arrive, elle est en train de préparer des bûches de Noël et des gâteaux de baptême pour tout le quartier. La maison déborde de pièces montées et de crème. Elle s'arrête quelques minutes pour m'accueillir et, après m'avoir confié à Georges, repart à ses fourneaux en chantant des louanges. Pendant les 5 jours que je passerai à Dakar elle sera toujours ainsi : souriant, vivant, louant.
Georges est plus posé. Il m'invite à m'asseoir au salon pour partager un riz au phacochère avec lui et s'amuse autant que moi de l'activité qui règne chez lui. Le naturel avec lequel il m'accueille nous voit passer 2 heures à discuter ensemble sans que je me demande une seule fois si je le dérange. Après quelques minutes d'une discussion assez conventionnelle permettant à chacun de connaître les grandes lignes de la vie de l'autre, Georges commence à me parler de l'Eglise au Sénégal.
L'Eglise du Sénégal est jeune et dynamique et cohabite parfaitement (à quelques exceptions d'extrémisme naissant près) avec la population majoritairement musulmane. Selon lui, ce qui créée un lien plus fort que les différences de leurs religions, ce sont les croyances animistes et les traditions qui restent très ancrées dans leur vie. Il pense néanmoins qu'un catholique doit se détacher des croyances animistes et sait que pour un Sénégalais, seule une grâce particulière de Dieu peut lui permettre cela. Georges a visiblement été touché par cette grâce.
Si pour lui un catholique doit se détacher des croyances animistes, il pense en revanche que les traditions sont bonnes et que la religion chrétienne doit s'appuyer sur celles-ci et l'enterrement du fondateur de l'abbaye de Keur Moussa qui a eu lieu quelques jours auparavant est un bon exemple. Afin de marquer leur attachement et leur respect pour le père Philippe, les frères de l'abbaye ont choisi d'ajouter au cérémonial classique d'un enterrement les honneurs faits habituellement à un chef de village :
- 3 coups de fusil sont tirés lors de la mise en terre
- un palmier est planté sur sa tombe ainsi, en venant arroser ce palmier, les personnes qui viendront se recueillir feront grandir l'arbre comme le père Philippe les a fait grandir.
- 3 coups de fusil sont tirés lors de la mise en terre
- un palmier est planté sur sa tombe ainsi, en venant arroser ce palmier, les personnes qui viendront se recueillir feront grandir l'arbre comme le père Philippe les a fait grandir.
Puis Georges se confie plus et me parle de sa foi, qui l'a toujours guidée dans sa vie et qui l'a amenée vers la communauté charismatique de l'Emmanuel. Elu par les autres membres de cette communauté, il en est le responsable mais cette charge lui pèse. En effet, il aurait préféré être là comme simple membre et faire ainsi une plus grande expérience de l'humilité.
Encouragé par ses confidences, je lui avoue que les Exercices Spirituels pour lesquels j'ai choisi de prendre chaque jour 45 minutes sont encore une véritable source de souffrance : chaque jour je repousse d'heure en heure le moment de cette prière jusqu'à la faire tard le soir ou ne pas la faire du tout. Je mesure le bien que me fait ce temps que je prends pour Dieu et pour moi et pourtant toutes les excuses sont bonnes pour changer mes plans et finalement la seule chose que je gagne à ne pas faire cette prière quotidienne est une culpabilité infondée.
Georges est le premier à qui je confie cela puisque je n'ai pas encore pu joindre Nikolaas, le prêtre jésuite qui m'accompagne pour ces Exercices, mais il est sans doute la bonne personne. En effet, l'heure et demie que j'ai déjà passée avec lui me suffit pour voir en lui une figure de sainteté et pourtant lui aussi voit dans la prière un combat difficile. Je ne serai désormais plus jamais seul sur la route de la prière.
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