Julie m'avait confié depuis Paris une mission : je devais apporter à l'évêque de Kayes un paquet qui contenait une lettre, plusieurs photos, 2 bouteilles de vin et 2 saucissons.
Le lendemain des retrouvailles avec mon cousin Gaétan venu partager 15 jours de mon voyage, je le mets donc directement dans le bain en l'emmenant à l'évêché remplir à demi la mission confiée (le vin et les saucissons ayant fait les frais de mon trop gros chargement).
L'accueil de l'évêque est à la fois chaleureux et frais puisqu'il nous installe confortablement dans des canapés avec chacun une grande bière glacée à la main.
A l'apéritif, il entame la discussion par l'épopée de ses nominations. Choisi pour être évêque de Kayes par le Pape Paul VI, il est nommé par celui-ci et se prépare à l'ordination. Mais celui-ci est rappelé à Dieu et après que la traditionnelle fumée blanche eut annoncée l'élection d'un nouveau Pape, c'est Jean-Paul 1erqui lui succède. Les 33 jours de son pontificat lui donnent juste suffisamment de temps pour nommer le futur évêque de Kayes mais pas assez pour l'ordonner. La troisième nomination est la bonne et aboutit à la première ordination d'évêque du Pape Jean-Paul II en la personne de Monseigneur Jospeh Dao.

Puis à l'occasion du déjeuner auquel il nous a convié, il nous parle de l'Eglise au Mali et du rôle prépondérant qu'elle joue notamment au niveau éducatif et social. Si les chrétiens représentent aujourd'hui une petite minorité au Mali (moins de 5%), leur influence en revanche est très visible et les familles de riches musulmans confient très souvent leurs garçons à l'enseignement privé catholique.
Au café enfin, il entre dans les détails de la pratique religieuse.
Dans la tradition Malienne, si Jean-Parfait souhaite demander pardon à Mamadou, il va demander l'aide de son ami Djibrill. Ils se rendent tous deux chez Mamadou et Jean-Parfait reste en retrait, les bras croisés dans le dos. Djibrill porte la faute de Jean-Parfait devant Mamadou et si celui décide de pardonner Djibrill va aller décroiser les bras de Jean-Parfait.
Lors des cérémonies pénitentielles, toute l'assemblée se tient debout les bras croisés dans le dos, y compris le petit groupe de fidèles en cercle devant l'autel. Après avoir demandé pardon à Dieu au nom de toutes l'assemblée, le prêtre passe derrière les quelques représentants de celle-ci et leur décroise les bras.
L'inculturation joue ici dans les deux sens. En effet, cette manière de pratiquer la cérémonie pénitentielle permet de rendre le message du pardon plus accessible au fidèle car il répète des gestes connus et porteurs de sens, mais en plus ce rite permet de renforcer la place du prêtre au sein de l'Eglise puisqu'il prend ici le rôle de l'ami, du médiateur, qui va porter la faute devant Dieu et implorer son pardon.
Le lendemain des retrouvailles avec mon cousin Gaétan venu partager 15 jours de mon voyage, je le mets donc directement dans le bain en l'emmenant à l'évêché remplir à demi la mission confiée (le vin et les saucissons ayant fait les frais de mon trop gros chargement).
L'accueil de l'évêque est à la fois chaleureux et frais puisqu'il nous installe confortablement dans des canapés avec chacun une grande bière glacée à la main.
A l'apéritif, il entame la discussion par l'épopée de ses nominations. Choisi pour être évêque de Kayes par le Pape Paul VI, il est nommé par celui-ci et se prépare à l'ordination. Mais celui-ci est rappelé à Dieu et après que la traditionnelle fumée blanche eut annoncée l'élection d'un nouveau Pape, c'est Jean-Paul 1erqui lui succède. Les 33 jours de son pontificat lui donnent juste suffisamment de temps pour nommer le futur évêque de Kayes mais pas assez pour l'ordonner. La troisième nomination est la bonne et aboutit à la première ordination d'évêque du Pape Jean-Paul II en la personne de Monseigneur Jospeh Dao.
Puis à l'occasion du déjeuner auquel il nous a convié, il nous parle de l'Eglise au Mali et du rôle prépondérant qu'elle joue notamment au niveau éducatif et social. Si les chrétiens représentent aujourd'hui une petite minorité au Mali (moins de 5%), leur influence en revanche est très visible et les familles de riches musulmans confient très souvent leurs garçons à l'enseignement privé catholique.
Au café enfin, il entre dans les détails de la pratique religieuse.
Dans la tradition Malienne, si Jean-Parfait souhaite demander pardon à Mamadou, il va demander l'aide de son ami Djibrill. Ils se rendent tous deux chez Mamadou et Jean-Parfait reste en retrait, les bras croisés dans le dos. Djibrill porte la faute de Jean-Parfait devant Mamadou et si celui décide de pardonner Djibrill va aller décroiser les bras de Jean-Parfait.
Lors des cérémonies pénitentielles, toute l'assemblée se tient debout les bras croisés dans le dos, y compris le petit groupe de fidèles en cercle devant l'autel. Après avoir demandé pardon à Dieu au nom de toutes l'assemblée, le prêtre passe derrière les quelques représentants de celle-ci et leur décroise les bras.
L'inculturation joue ici dans les deux sens. En effet, cette manière de pratiquer la cérémonie pénitentielle permet de rendre le message du pardon plus accessible au fidèle car il répète des gestes connus et porteurs de sens, mais en plus ce rite permet de renforcer la place du prêtre au sein de l'Eglise puisqu'il prend ici le rôle de l'ami, du médiateur, qui va porter la faute devant Dieu et implorer son pardon.
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